Le Mausolée de Gengis Khan, l'intérieur

L'entrée du Mausolée

L’intérieur du mausolée est aussi spectaculaire que les abords.

Dans le hall principal, une salle immense et ronde, sous une coupole d’or soutenue par huit piliers d’or entourés de dragons, trône l'empereur Gengis Khan, monumental, en marbre blanc. Sur les murs, derrière lui, court une carte de l’empire mongol, de la Méditerranée à la Mer du Japon. En forme de rhinocéros, ce sont 320 millions de km2 qui s’étendent sur 4 continents…

La salle est ornée de 1 206 dragons en or, correspondant à la date de fondation de son empire.

photo du grand hall du Mausolée, à Ordos : photos de voyages de Michel et Marie-France de l'intérieur du mausolée de Genghis Khan en Mongolie intérieure en Chine.(page 2) photo de la statue monumentale de Gengis Khan dans son Mausolée, à Ordos : photos de voyages de Michel et Marie-France de l'intérieur du mausolée de Genghis Khan en Mongolie intérieure en Chine.(page 2)

Le grand hall et la statue de Gengis Khan

Or, nous le découvrirons plus tard, sur le tertre circulaire, en discutant avec une dame d’origine mongole, si le dragon est bien un symbole que nous avons vu partout en Chine, il n’a rien de mongol, dont l’emblème principal est l’aigle.

Très en colère, elle voyait dans ces représentations la sinisation rampante de la Chine sur son pays…

Le monument se divise ensuite en trois palais : le centre, l’ouest et l’est, reliés par des salles-couloirs d’exposition.

photo des yourtes de Gengis Khan, recouvertes de pourpre : photos de voyages de Michel et Marie-France de l'intérieur du mausolée de Genghis Khan en Mongolie intérieure en Chine.(page 2) photo des yourtes de Gengis Khan et sa suite : photos de voyages de Michel et Marie-France de l'intérieur du mausolée de Genghis Khan en Mongolie intérieure en Chine.(page 2)

Dans le Mausolée de Gengis Khan, tout montre grandeur et splendeur

Genghis Khan, en sa demeure d'éternité

Dans des vitrines, des mesures à lait, servant de « passeports » entre les différents clans (comme les masques-passeports entre ethnies africaines), des instruments musicaux, de la monnaie, des boîtes à peinture, le tout en argent sculpté.

Ces palais exposent les 8 yourtes d’origine du Mausolée. Elles sont recouvertes de tissu blanc damassé brodé de bleu et cerclées d’or. Chaque année, on change la couleur du tissu : rouge, jaune, ciel…

Devant les yourtes, des coffres monumentaux brun-rouge ornés d’or soutiennent offrandes et objets votifs.

Chacune des yourtes a appartenu à Gengis Khan ou à un de ses descendants. Fermées de portes en bois rouge orné d’or, elles contiennent des objets personnels de leurs propriétaires.

Dans celles de l’empereur, par exemple, on admire son portrait, son verre, ses armes, son arc, son épée, une statue de son cheval, sacré et légendaire.

photo de la fresque des échanges commerciaux entre l'Est et l'Ouest sous les Yuan : photos de voyages de Michel et Marie-France de l'intérieur du mausolée de Genghis Khan en Mongolie intérieure en Chine.(page 2) photo de la Conquête de l'Occident par Gengis Khan : photos de voyages de Michel et Marie-France de l'intérieur du mausolée de Genghis Khan en Mongolie intérieure en Chine.(page 2)

Fresque des échanges commerciaux

entre l'Est et l'Ouest sous les Yuan

Conquête de l'Occident par Gengis Khan

Dans le palais du centre, devant les yourtes, face à une statue en or du grand homme, un autel expose une lampe à beurre, flamme éternelle entourée de représentations symboliques de la lune et du soleil. Un petit cénotaphe en argent contient l’âme de Gengis Khan et de sa femme.

Mais, direz-vous, comment peut-on recueillir l’âme d’un trépassé ? C’est fort simple !

Le dernier souffle d’un mourant, mongol, évidemment, passe sur des poils de chameau que l’on pose sous son nez au moment de sa mort… Ce sont dons ces poils, pieusement recueillis, qui sont enfermés dans cette urne sacrée.

Sur les murs, de somptueuses fresques rehaussées d’or et d’argent, de style un peu byzantin, nous rappellent sa vie.

La vie et l'oeuvre d'un conquérant

Né en 1162, Temujin a vécu 66 ans. Né dans la tribu des Qiyat, subdivision de la tribu des Bordjigin, il est le fondateur de la nation mongole. Lorsqu’il a neuf ans, son père meurt dans une guerre tribale. Exilé, poursuivi et appauvri, il décide alors de rassembler sous une même bannière les tribus belliqueuses de la prairie dès qu’il le pourra.

En 1206, il est devenu un jeune chef ambitieux. Il tient alors une conférence des tribus, fonde l’empire Mongol sous le nom de Gengis Khan (Chef suprême) et apporte paix et stabilité à son peuple.

En peu d’années, il conquiert aussi la célébrité : dès 1215, ayant réuni la Chine des trois royaumes, il part vers l’Ouest et aborde le Proche-Orient.

Entre guerres et commerce, l’empire mongol, grâce à l’action poursuivie par ses descendants, s’étend de l’Europe à l’Asie et touche la presque totalité du monde connu. Ne manquent à ces conquêtes que l’Europe du Nord, le Japon, l’Inde…

photo de la statue monumentale de Gengis Khan, en marbre : photos de voyages de Michel et Marie-France de l'intérieur du mausolée de Genghis Khan en Mongolie intérieure en Chine.(page 2) photo de la mesure à lait en argent : photos de voyages de Michel et Marie-France de l'intérieur du mausolée de Genghis Khan en Mongolie intérieure en Chine.(page 2)

Statue monumentale

de Gengis Khan, en marbre

Mesure à lait en argent

Gengis Khan est mort à l’ouest de la Chine en 1227. Selon les coutumes de l’époque, on devait l’enterrer dans la terre de ses ancêtres, soit au Nord-Est de la Chine : on y transporte donc secrètement son cercueil, on creuse un grand trou « capable, dit la légende, de contenir 10 000 personnes ».

On coupe alors le tronc d’un grand arbre sur une longueur de deux mètres. Après l’avoir évidé, on y met l’empereur et on cercle d’or le tronc que l’on dépose au fond de la fosse avant de la reboucher soigneusement.

Pour en supprimer toute trace, on fait alors galoper 10 000 chevaux sur le sol, jusqu’à le niveler totalement…

Mais l’histoire devient cruelle : pour pouvoir, chaque année, célébrer le souvenir de l’empereur, les gardiens du tombeau tuent un petit chameau sur la tombe, sous les yeux de sa mère. Chaque année, on ramène la chamelle dans le coin. Lorsqu’elle s’arrête et pleure, on sait où est le tombeau. Mais le secret meurt avec la chamelle…

Depuis, les archéologues ont fouillé en vain la région, même aidés de la technologie la plus avancée… c’est ainsi que peut grandir la légende.