Fabrication et installation d'une plate-forme à cigognes

Le choix des formes :

Avant de se lancer dans cette aventure, il faut savoir que construire une plate-forme n'est pas une chose aisée. Il faut du matériel et des équipements pour la construire car elle est essentiellement réalisée en mécano-soudure, mais cela nécessite aussi un engin pour la transporter, la planter et l'installer toute équipée.

Pour débuter l'aventure, il faut un poteau. Un ancien poteau électrique fera bien l'affaire. On peut récupérer ce type de pièce en s'adressant aux services de maintenance d'une mairie (lors du démontage d'anciennes lignes) ou à ERDF qui, lorsqu'il les rénove, change également certains poteaux. Pensez aussi au transport. Transporter un poteau de 7m environ de longueur est chose délicate. il faut le charger sur un camion, une remorque et surtout l'amarrer. Les routes utilisées doivent être connues ; notamment si vous traversez des villages.

Pensez au lieu d'installation, privé, public, isolé, plutôt dans un marais. Recherchez sur Internet, cependant il n'y a pas beaucoup de littérature sur le sujet. Vous trouverez beaucoup de photos de nids, de cigognes en vol, mais rien sur la fabrication et le montage de plate-forme. Le mieux est de contacter la Ligue de Protection des Oiseaux. J'ai pu ainsi récupérer auprès des permanents des plans de différentes formes.

La fabrication : de la mécano-soudure

La fabrication est entierement réalisée en mécano-soudure. On assemble des pièces métalliques, on les immobilise par un point de soudure électrique, puis on réalise les soudures. Le choix d'une plate forme octogonale s'est tout de suite imposé par rapport à la circulaire. L''assemblage est plus simple et le montage probablement plus rapide.

Le plan de la plate-forme à cigognes
Les plans de la plate-forme à cigognes

Les pièces ont été commandées et achetées dans une métallerie. Elles étaient découpées aux dimensions voulues :

Cornières 50 x 50 x 5 : 6 longueurs 650 mm + 3 longueurs de 700 mm. Du plat en 60 x 8 : 2 longueurs de 650 mm. Du treillis en mailles de 50 x 50 mm, fil de 4, dimension 1500 x 1500 qui sera coupé à dimension sur place.

La construction du gabarit de découpe de la plate-forme à cigognes

Les supports de la plate-forme à cigognes sont soudés

On voit ici une petite partie du processus d'assemblage en soudure électrique au fil. Une difficulté est tout de même à signaler : le cerclage des deux anneaux nécessite une presse et un modèle pour plier et cercler les bandes de métal avant de réunir les deux extrémités.

Finition et transport

Notre plate-forme reçoit deux couches de peinture de protection de type polyuréthane. Sèche, elle se dresse fièrement dans la cour de la maison.

Le départ se fait en remorque. La plate-forme est bridée à l'aide de sangles rigides car il y a quelques kilomètres à faire. Le rendez-vous est fixé à 13 heures. Il fait 0°, il faut se couvrir. Heureusement que les quelques flocons qui sont tombés ce matin ont laissé place au soleil, ce sera quand même plus agréable pour travailler en plein air. Marie-France m'aide à mettre la plate-forme dans la remorque, ouille, c’est un peu lourd.

La plate-forme à cigognes reçoit une couche de peinture de protection

La plate-forme à cigognes prête à être transportée

Montage et installation

Nous sommes "sur zone". La plate-forme est enchassée sur le poteau. Nous avons fait une petite erreur dans la prise de côte du diamètre du poteau.

En effet le diamètre du haut du poteau est bien moins important qu'à l'extrémité. Nous sommes donc obligés d'ajuster la plate-forme et de la brider par un système de tige filietée et de rondelles.

La plate-forme à cigognes est enchassée sur le poteau
La plate-forme à cigognes est installée

Le lancement de la montgolfière

Quelle chance, des travaux étaient en cours à proximité immédiate du lieu d'implantation. Nous pouvons donc compter sur l'aide providentielle d'un engin : une pelleteuse. Le marais est gorgé d'eau, cela tombe bien, les chenilles de la pelleteuse lui permettent de circuler facilement dans le champ.

Après un petit café et une réunion de chantier, les divers acteurs se mettent en route.

Le moment crucial arrive : on pense dresser le mât et l'enchasser dans le champ en force. On s'y reprend à deux fois. Le deuxsième essai est le bon, le poteau est enfoncé d'environ 1,8m, ce qui laisse un dégagement de 5 m de hauteur.

Ensuite, on fixe un nid à chevêches en dessous. Ca fera un véritable HLM à oiseaux, au final, quand on sait que, souvent, les passereaux profitent de l’aubaine pour glisser, en plus, leurs petits nids perso sous l’assemblage !

Enfin, on « appâte » le nid en y déposant quelques branchages pour le rendre plus attractif. Ca y est, tout est en place, il n’y a plus qu’à attendre les occupants…

On se prépare pour le montage de la plate-forme à cigognes
On transporte la plate-forme à cigognes

Voici quelques conseils glanés à l'occasion de nos rencontres : La plate-forme doit être placée dans un endroit tranquille du marais ou à proximité immédiate d'une nourriture potentielle. Elle doit être dans un endroit le plus dégagé possible. Il faut également éviter que le mât ne soit trop haut ce qui rendrait difficile toute intervention ; notamment pour la maintenance, le baguage des poussins....

Plus l'endroit est tranquille et dégagé plus le mât peut être bas.

Dans le ciel presque bleu, la plate-forme à cigognes est dressée.
On optimise la plate-forme à cigognes avec un nichoir à chevêches

On peut voir ici l'"amorçage" de la plate-forme. On dépose des branchages pour attirer les cigognes. Il s'agit de leur faire croire que la place est convoitée.

On installe, pour finir, un nichoir à chevêche pour optimiser la plate-forme. L'orientation au soleil levant paraît plus intéressantpour les oiseaux.

Et voilà, fin Avril, les dés seront jetés. Les cigognes seront au rendez-vous ou nous attendrons l'année suivante.

Les images et les textes figurant dans nos carnets de voyage ne sont pas libres de droits.

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