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Nous avons croisé, sur nos sentiers de randonnées cyclotouristes ou dans les marais avoisinant notre maison de Vendée, de nombreux oiseaux, tant de mer que de zone humide.
Malheureusement, si nous sommes capables de dire : tiens, un rapace sur ce poteau", ou "les cigognes ne sont pas sur leur nid", comment s’y retrouver entre toutes ces sortes de mouettes, d’échassiers ou autres canards ?
Nous avons donc pris les horaires de la Réserve Naturelle de Saint-Denis-du-Payré, entre la Baie de l’Aiguillon et Luçon, et avons décidé de nous y rendre pour mieux nous retrouver dans cette belle partie plate du Marais Poitevin.
La maison, à proximité de la Réserve Naturelle "Michel Brosselin", du nom de son fondateur, est située sur le marais communal de la commune de Saint-Denis-du-Payré. Elle obéit à une gestion conservatoire induisant des caractéristiques écologiques spécifiques, dans le cadre d’une "Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique, Faunistique, et Floristique (ZNIEFF) de Deuxième Génération"
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Depuis 1976, 220 hectares, à l’altitude moyenne de 2–3m ont été classés réserve naturelle". Dans les objectifs, il ne s’agit pas d’accorder de soins particuliers aux oiseaux, mais de maintenir dans le milieu des conditions favorables à leur halte, qu’elle soit temporaire, lors des migrations estivales ou hivernales, ou définitive, en cas d’habitat sédentaire. Il faut donc limiter les pollutions, garantir un bon état de prairie, vérifier le passage et l’observation des règlements...
Depuis sa création, environ 200 espèces différentes ont été recensées. Nous espérons bien en voir une bonne partie !
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La réserve est fort bien signalée, à 20 km à la ronde, on y arrive donc facilement. La Maison de la Réserve est, en elle-même, intéressante. Il s’agit d’un ancien théâtre paroissial devenu aujourd’hui "Théâtre de la nature". Murs crépis beige, volets verts, toits de tuiles et de bardeaux surmontés, sur le bâtiment principal, d’un belvédère qui donne une vue magnifique sur le panorama environnant.
Tout cela semble fort sympathique ! L’accueil est chaleureux et précis : dans le hall, une vitre protège une reconstitution d’un marais avec les différents animaux que nous espérons bien rencontrer !
Puis nous pénétrons dans l’ancienne salle de théâtre, très amusante. La scène a été remplacée par un fort bel écran et les murs, dans une peinture en abyme, représentent une galerie de théâtre de la Belle Epoque.
Les spectateurs sont, au premier niveau, divers animaux vêtus à la mode du XIX° siècle. En hauts-de-forme ou en robes colorées, vaches, cochons, ânes, poissons, marmottes sont au spectacle. Au-dessus, au "poulailler" (le bien nommé !), les oiseaux de la réserve penchent le nez et nous observent : comment va-t-on réagir ?
Cette salle doit bien plaire aux enfants, mais nous n’en avions pas avec nous, dommage !
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La salle de théatre |
Un diaporama d’un quart d’heure nous explique alors le milieu humide, son rôle dans l’environnement et la survie de toute une faune et une flore endémiques ou passagère. Nous sommes en effet, ici, dans un couloir privilégié des migrations saisonnières de nombreuses espèces d’oiseaux.
Nous continuons, aux étages, par une exposition interactive qui détaille, en panneaux et en simulations, ce que nous venons d’apprendre. En fait, nous ne sommes pas dans un pays si plat que nous le croyions. De faibles ondulations, qu’on nomme "micro-reliefs", constituées de creux, les "baisses" et de bosses, les "belles", créent un environnement favorable à la vie de toute une flore et une faune passionnantes. A chacun sa niche, nous est-il expliqué : oiseaux, mammifères, insectes, amphibiens se distribuent le territoire et s’y épanouissent avec succès !
Nous sommes entre deux cours d’eau : le Grand et le Petit Lay, là où naît la terre vendéenne : dans ce bassin qui couvre 265 900 ha, et nourrit les berges sur 200 km, des sources jusqu’à la mer. Autrefois plus large, en hiver, il nourrit de ses sédiments, mêlés à ceux de la Baie de l’Aiguillon, les prairies inondables qui ont été préservées de l’agriculture intensive et qui constituent encore nos marais.
Les flux migratoires |
Dans des plateaux tournants qui s'éclairent au fur et à mesure de la démonstration, des scènes animées présentent les migrations : pays traversés, chemins empruntés, zones de repos, dangers potentiels, périodes de l'année. Tout est vivant et intéressant...
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De belles affiches et des cartes détaillées | ||
Jusque dans les années 1950, bien qu’artificialisées par la poldérisation de toute la région, ces prairies humides restaient le lieu privilégié des éleveurs et de leur cheptel. Dans les années 1980, un "schéma d’assèchement des marais de l’Ouest" s’est peu à peu mis en place. Drainage enterré, irrigation par forage dans la nappe phréatique, ont failli faire disparaître toutes ces richesses…
Le rapport Simon, en 1999, dénonce cet état de fait : ce genre de culture ne permet plus une bonne gestion du réseau hydraulique dans la région. Depuis quelques années, en effet, on assiste à de fortes pénuries d’eau en été, comme sur toute une partie du littoral Atlantique…
Heureusement que de bonnes volontés se sont élevées et que des réserves de ce genre montrent à tous l’intérêt de conserver ces lieux humides, seuls garants d’un meilleur équilibre écologique !